30 déc. 2013

PATRICK COUTIN : J'aime regarder les filles

Pas de palabres inutiles voire stériles sur le mec. Tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir sur cet ovni musical made in France à son top level se trouve soit sur Wikipedia ou son site perso. Mais il faut admettre que le gazier avait quelques longueurs d'avance sur ses congénères car si par delà la manche & outre atlantique, la Fuzz wawa des Stooges, le sex, drugs & R'n'Roll, la déjanterie à base de gros son appuyé par une Fender Précision Bass était de mise, sur les trois pauvres radios périphériques, c'était pas vraiment pas le top côté froggies ! Rappelez-vous (pour les anciens dont le perfecto était encore dans le top 3 au tableau noir des délinquants potentiels), rappelez-vous ces quelques notes assénées, ce riff simple et efficace, ces paroles comme une évidence aigüe, sous cutanée, ce putain de riddim qui se tapait l'incruste plein pot dans les neurones... Ce morceau n'a pas pris une ride (bon, ce n'est qu'un avis perso mais tout de même...). C'est cash, basique, presque aussi jouissif qu'une chanson des Ramones, j'ai dit presque ! C'est à la fois subtile et explosif aussi. "Les sourires fugaces (....) Et des ambres solaires le parfum volage...

28 déc. 2013

JEANNE MOREAU : "Lettre du camp 14 de Mordovie" de Nadedja Tolokonnikova

Certes, la France n'est pas la Russie. Tandis qu'à la Villette, on fait le panégyrique du mouvement punk, en ex-U.R.S.S, une "prière punk" au sein d'une cathédrale orthodoxe par une bande de jeunes femmes motivées, de dangereuses militantes anti Poutine, conduit tout droit ces dernières dans des camps de détenus politiques allègrement saupoudrés de droits communs qui n'ont pas l'exemplarité de nos bonnes vieilles prisons françaises. Je me demande cependant ce qui serait advenu à un collectif "néo-punk" (genre ultra-gauche, anarcho & C° comme on disait sous l'ère sarkozienne...) si d'aventure, une prière à la mode moscovite avait eu lieu au cœur de Notre Dame de Paname pendant les fameuses manif' pour tous lors desquelles on a surtout vu toute la France des curetons, des culs bénis, des homophobes et j'en passe... Bref, dans notre bel hexagone, on met le punk au musée d'un côté (genre "ça, c'est fait !), de l'autre on accorde à mon goût une grande clémence mêlée d'indulgence aux propos et actes racistes, homophobes, etc, tout en faisant taire gentiment quelques colères populaires qui ont par contre la pertinence de soulever les vrais problèmes de la pauvreté et de la détresses liées à l'économie de marché, ses abus, ses dérives, son karma, quoi.

5 déc. 2013

WILLIS EARL BEAL : Nobody Knows

Sorcellerie acoustique, dingo du standelone, produit de l'époque consumériste qui se perd en tête de gondole... Il vacille, bouge, tangue comme un vaisseau perdu dans une mer d'huile, le THC diffuse sa lente agonie et on oublie les mots, on déraille sur les notes. D'où sort ce drôle de type qui pourrait être un enfant caché du grandiloquent  Screamin' Jay Hawkins en veilleur de nuit dans un hôtel borgne et crasseux façon Jim Jarmusch ? Je n'en sais foutrement rien et pourtant dès les premières mesures de 'sky-notes, l'ivresse est là, tapie au fond de mon crâne et ruisselle comme un serpent jusqu'aux tripes. Jeune le mec... Et déjà si loin sur un chemin étrange où s'entremêlent ritournelles et transes harmoniques venues s'étendre à nos pieds. Perdition, humour décalé, gestuelle dérisoire et pourtant envoutante. Les accords de guitare sont planqués sous l'oreiller à l'ombre d'un arbre vertigineux et la voix s'y entortille comme un lierre dans la pierre... Ponctuations rythmiques faites de claps où d'autres échos de bidons, caissons, baguettes balayant des peaux de caisses claires comme un surf sur la vague jaune.